Naissance du petit colibri

Publié le par Le petit colibri

Naissance du petit colibri

« Un jour, dit une vieille légende amérindienne, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul un petit colibri s'active, puisant avec son bec quelques gouttes d'eau dans le marigot pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit :

- Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ?

- Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part ».

***

Cette histoire, Jean Dionis Maire d’Agen, l’a racontée en octobre 2018 aux chefs traditionnels des villages de Djebonoua lors de la première visite d’une délégation municipale agenaise en Côte d’Ivoire, au moment où la ville s’engageait dans une action de coopération décentralisée là-bas. Une manière de dire qu’une ville moyenne comme Agen ne pouvait espérer, à elle seule, régler toutes les difficultés de sa sœur ivoirienne mais que ce n’était pas une raison suffisante pour ne rien faire.

Cette histoire, popularisée par Pierre Rahbi, a marqué les esprits là-bas ; elle a aussi marqué les nôtres, ici à Agen. Nous avons été quelques-uns à nous dire qu’à côté de l’initiative municipale, il devait y avoir un espace d’action utile dans le champ de l’initiative citoyenne. Ainsi est née l’association du « Petit colibri » : des habitants concernés par ce qui se passe là-bas et désireux, avec leurs moyens, leur énergie, leur bonne volonté, de « faire leur part » ici.

Ils ont été aidés dans cette prise de conscience par un habitant de Djebonoua venu à Agen durant 4 ans exercer son sacerdoce de prêtre, le père Constant Brou, dans le cadre d'échanges entre l'archevêché de Bouaké et l’évêché d'Agen. Constant est également venu à Agen se former en comptabilité pour aider à son retour son diocèse de Bouaké dans ce domaine. Il a non seulement obtenu brillamment son BTS mais il a poursuivi jusqu'à un Master 2 en gestion des ressources humaines à l'université de Bordeaux.

L'attention portée aux autres, l'infinie gentillesse et le caractère particulièrement brillant de celui qui se fait appeler "le vagabond de Dieu" ont valu au père Brou d'être reconnu et accueilli partout à Agen, bien au-delà de la seule communauté catholique.

Et lorsque a germé l'idée d'une coopération agenaise avec l'Afrique, le village de Djebonoua, suggéré par Constant Brou, a rapidement suscité l'adhésion de tous. Aujourd'hui de retour à Bouaké, près de Djebonoua, Constant n'a rien oublié de ses amis agenais et veille à ce que le mouvement de solidarité né ici, largement grâce à lui, réponde au mieux aux attentes et aux besoins des habitants de son village natal.

Dans cette « part » du travail qu'évoque l'histoire du petit colibri, toutes les bonnes volontés ont leur place. Si la question de l’accès à l’eau est déterminante et mobilise l’essentiel de l’action municipale agenaise, les échanges avec les habitants et leurs représentants ont fait apparaitre des besoins dans de nombreux domaines : livres et fournitures scolaires, vélos, matériels agricoles, vêtements, petit matériel médical, graines de légumes, jouets, etc…

La vocation du Petit colibri est :

•    de diffuser cette information le plus largement possible,
•    d’organiser la collecte des fonds et objets utiles aux Djebonouais,
•    d’en assurer l’acheminement et la distribution transparente sur place.

Il n’est pas inutile de préciser ici que l’association n’est constituée que de bénévoles, qu’elle n’a pas de siège social (autre que le salon de notre présidente !) et que les missions réalisées sur place par nos membres le sont à leurs frais : tout don financier ou en nature reçu par nous ira intégralement et directement aux bénéficiaires là bas.

Il s'agit simplement, pour chacun de nous, de « faire notre part ».

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